Jardin  naturel

 

 

 

 

 La meilleure stratégie pour favoriser les aspects bénéfiques des insectes et garder à un niveau raisonnable les aspects négatifs, c'est de leur mettre à disposition dans le jardin tout ce qui favorise leur présence diversifiée, l'equilibre entre les différentes espèces d'insectes, l'équilibre entre les insectes et les autres animaux présents dans le jardin (oiseaux, limaces et bien d'autres etc ....), l'équilibre avec les plantes. Jardin naturel


Dans un jardin, les insectes sont très présents dans l'air (abeilles, papillons, syrphes, etc ...), sur le sol, dans la couche superficielle du sol, dans les vieux bois et dans des caches abritées de la lumière : carabes, scarabées, pince oreilles, etc .... On en compte environ 500 par métre carré, soit environ 250 000 pour un jardin moyen de 500 métres carrés. Leus rôles positifs, voire essentiels, sont connus :

  • ils participent avec bien d'autres formes de vie (mille pattes, collemboles, bacteries, champignons) à la dégradation et au recyclage progressif des matières organiques mortes sur et dans le sol,

  • à travers la pollinisation des fleurs, ils sont des instruments essentiels et même indispensables de la reproduction et donc de la pérennisation de nombreuses plantes,

  • ils participent à la lutte contre les nuisibles dans le jardin.

Toutefois, le jardinier amateur commence souvent à s'interesser aux insectes en raison de leurs rôles négatifs :  il découvre les boutons de ses rosiers couverts de pucerons, les guepes viennent l'importuner, etc .... Face à cela, il peut être tenté de lutter brutalement contre les insectes qui le gênent, soit par des moyens chimiques (pesticides à effet instantané ou systémique) ou par des moyens dits "naturels " (savon noir pour les pucerons par exemple).

On connait les effets très négatifs de certains produits utilisés comme les pesticides. D'autres produits, bien qu'ayant une meilleure réputation, ont également des conséquence négatives sur le moyen et le long terme. C'est le cas de la bouillie bordelaise bien qu'elle soit admise en culture bio.  C'est le cuivre, présent sous forme de sulfate de cuivre, qui donne à la bouillie bordelaise ses caractères algicide, fongicide, bactericide et pesticide. C'est lui qui, en particulier, tue les insectes dont on veut se protéger. Le sulfate de cuivre  est entrainé dans le sol par la pluie où il s'accumule au fur et à mesure de l'utilisation de la bouillie bordelaise et où il empoisonne algues, champigons, bacteries et insectes puisque c'est la son rôle. De ce fait la vie dans le sol ainsi empoisonné par le sulfate de cuivre diminue progressivement, les matières organiques ne sont plus recyclées et minéralisées progressivement et la fertilité du sol diminue.

Si le jardinier cède à l'envie d'utiliser de tels produits c'est souvent par méconnaissance de la nocivité de certains de ces produits mais c'est également souvent avec l'idée de se débarasser ainsi rapidement de ce qu'il considère comme un problème. Ce qui ne sera pas le cas. S'attaquer aux insectes jugés nuisibles par des moyens brutaux c'est entrer dans une lutte sans fin et, souvent, aggraver, le problème.

L'exemple classique est celui de la lutte contre les pucerons. Les pucerons ont de nombreux prédateurs : pince oreilles, syrphes, chrysopes, certains insectes parasites, etc.. et les plus célèbres : les coccinelles et leurs larves.

Une coccinelle ou une larve de coccinelle mange environ une centaine de pucerons par jour. Eliminer butalement les pucerons de son jardin, c'est priver les coccinelles (et les autres prédateurs du puceron) de leur nourriture. Les larves de coccinelles (et d'autres prédateurs) qui ne volent pas, sans nourriture, mourront. Les coccinelles adultes iront chercher leur nourriture dans d'autres jardins. C'est la qu'elles se nourriront, qu'elles pondront et que se nourriront leur futures larves. Lorsque des pucerons se reinstalleront dans votre jardin, ce qui arrivera rapidemement, car, eux, ils y ont de la nourriture, leurs prédateurs ne seront plus présents en grand nombre pour les consommer et en contrôler ainsi la population. L'infestation par les pucerons sera encore plus importante que précedemment. Pour vous en débarasser à nouveau, si vous poursuivez dans votre démarche, une nouvelle action encore plus vigoureuse sera nécessaire et il faudra la renouveler frequemment.

Les equilibres entre insectes, entre insectes et autres animaux (oiseaux, limaces, escargots), entre les insectes et leurs parasites sont très complexes. Comme l'exemlple, simple, ci dessus le montre, en agissant brutalement sur eux , le résultat obtenu n'est pas nécessairement celui que l'on escomptait. Il faut également savoir que la pluspart des produits radicaux utilisés dans la lutte contre les insectes (pesticides, bouillie bordelaise etc ...) tuent non seulement l'espece d'insecte visée mais également bien d'autres et souvent bien d'autres formes de vie.

La meilleure façon d'agir est donc plutot :

de rechercher et favoriser la présence d'une grande variété d'insectes dans son jardin de façon à ce que les populations s'equilibrent entre elles (exemple des pucerons et des coccinelles) et pour cela, de leur offrir les habitats et les élements dont ils ont besoin:

  • l'eau : les insectes boivent. S'il n'y a pas, près de votre jardin (mare, rigole etc ...), pensez à avoir un point d'eau dans votre jardin. Ce peut être un bassin, mais aussi un simple récipient. Ce point est très souvent oublié. Il est cependant vital pour les insectes.
  • espaces sauvages (non tondus),
  • souches,
  • vieux murs, tas de pierres